Hello, avant tout autre chose, me voilà tout nouveau dans la Team Sakura et il me parait donc naturel de me présenter.

Je me prénomme Josselin et je suis Analyste programmeur dans le milieu de la santé. Si mon activité professionnelle n’a pas grand chose à voir avec mes passions, je dois mon amour inconditionnel envers la Nature et ses habitants de part les valeurs que m’a transmis mon père, comme pour beaucoup d’entre nous je suppose. Ce n’est qu’en 2008 que j’ai saisi toute la « profondeur » et l’éventail de techniques qui composaient la pêche des carnassiers aux leurres, un déclic qui suscitera en moi une nouvelle passion alliant modernité et ce contact si cher et permanent avec Dame Nature. Intégrer l’équipe Sakura est donc aujourd’hui un nouveau défi pour moi, un tremplin spéléologique inattendu permettant d’explorer toujours un peu plus loin cette « profondeur » qui me fascine tant.

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Mais assez parlé de moi, parlons un peu… de pêche ! Mon sponsoring étant très récent, je n’ai pas encore eu le temps d’effectuer toutes les démarches pour m’équiper convenablement des produits phares et des autres nouveautés de la gamme Sakura, ce bref report ne sera donc pas véritablement axé sur les techniques employées mais son rôle sera plutôt de vous retranscrire ces trois jours de pêche passés en compagnie de mon ami Eric.

 

 

Contre la montre de fin de saison

Beaucoup voient les eaux hollandaises comme des eaux très riches où il est facile d’effectuer des pêches miraculeuses, cela peut être vrai certains jours mais l’est beaucoup moins la plupart du temps. Dans ces immensités, le premier ennemi du pêcheur hollandais est de très loin le vent, nombreux sont les français qui prévoient longtemps à l’avance un voyage de pêche en hollande et qui se retrouvent bloqués sur place face aux nombreuses tempêtes qui traversent le pays chaque année, d’autant plus en période hivernale. C’est toute la subtilité d’une session de pêche en république batave, il faut se tenir prêt à gicler des starting block comme être capable de tout annuler au dernier moment.

Pour cette session, j’avais prévenu Eric qu’il fallait se tenir prêt et que la pêche pourrait ne plus être possible jusqu’à la fermeture si nous loupions, en cette semaine de mi-mars, la seule fenêtre exploitable en commun dans nos emplois  du temps professionnels respectifs. En ce jeudi soir, je décolle du boulot et  je fais un crochet en Belgique pour prendre Eric et tout son paquetage, nous arrivons sans encombre en terre oranje, aucun de nos montages sont opérationnels, il faudra tout monter sur l’eau le demain matin… notre sérieux habituel !

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La pression de pêche à l’approche de la fermeture est assez élevée ici et il faut se lever tôt pour gagner des précieuses minutes à la mise à l’eau. Les hollandais voient d’un assez mauvais œil l’arrivée de tous ces « nouveaux » bateaux étrangers, il faut être respectueux de leur gestion piscicole sur le long terme, rester humble et apprécier à quel point les hollandais savent préserver leurs milieux.

Si les conditions de pluviométrie semblent pour l’occasion assez clémentes, il faudra faire avec un vent du nord glacial lors de ces trois jours de pêche, les locaux tirent tous la grimace en ce premier matin, tout le monde sait que la pêche ne sera facile et qu’il faudra y aller au mental, de préférence bien au chaud emmitouflé dans sa combinaison.

 

 

Jour 1 : Prendre la température

J’explique brièvement à Eric ce que nous allons faire lors de ces trois jours, la première journée étant plutôt destinée à prendre des risques afin de comprendre le comportement des poissons en terme d’activité alimentaire et leur positionnement en vue de la fraie. L’eau est encore à moins de 6°C en surface, ce qui est nettement inférieur aux normales de saisons. Certains s’entêtent à pêcher les bordures et Eric veut les y rejoindre mais je parviens à le convaincre du contraire, pour moi les poissons sont encore dans leur zone de confort hivernale et ne sont pas encore conditionnés à la reproduction.

Voilà plus de 2h30 que nous pêchons et l’activité est nulle, nous voyons les poissons défiler au sondeur sans parvenir à les déclencher et nos voisins hollandais ne semblent pas faire mieux que nous. Bizarrement les petits poissons de deux années normalement actifs la plupart du temps, sont aux abonnés absents, j’invite donc Eric à alterner du shad et du finesse shad sur 2/3 couleurs en changeant régulièrement de taille, ce seront ainsi avec des leurres de 5 et 7 pouces avec lesquelles nous pêcherons.

Les animations ne semblent pas être prépondérantes en cette première journée et c’est en se déplaçant lentement et stratégiquement aux alentours de petits bancs d’éperlans que je mets au sec le premier joli poisson de ce court séjour.

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Il n’y a pas vraiment de norme quant à la robe des poissons, certains se noircissent plus que d’autres en vue de la fraie, mais tous sont encore occupés à se nourrir sur des secteurs de chasse. Dans les heures qui suivent cette première capture, je continue de pêcher « gros » et commence malgré tout à enchaîner quelques petits poissons bien énervés, la taille reste très modeste et Eric décide de pêcher beaucoup plus énergiquement en provoquant les poissons au shad sur des tirées courtes… bingo.

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De mon côté je préfère toutefois rester dans ma pêche de prospection et de déplacements lents, quelques petits sujets se font leurrer avec de temps à autres des poissons de taille plus correcte. Voici un autre sandre qui aura apprécié la nouvelle décoration « florale » du Lund.

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Eric, qui aura finalement bougonné un peu tout au long de la journée en tant que pur pêcheur de pike qu’il est, clôturera tout de même la partie du jour, toujours au shad, sur un sujet de taille sympa. Il est désormais temps de retourner à la mise à l’eau et d’aller se mettre au chaud.

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Jour 2: Capitaliser sur la veille

Le bref débriefing sur la mise à l’eau lors de cette première journée nous indique que nous nous en sommes convenablement sortis par rapport à la moyenne des pêcheurs présents sur l’eau, nous décidons donc de se servir des infos glanées la veille en reproduisant quelques schémas de pêche nous ayant réussi.

L’utilisation pointue de l’électronique est un avantage considérable sur ces pêches hivernales, le succès de beaucoup de sessions débute chez soit dans son canapé à préparer une bathymétrie optimisée. Mon bateau est équipé de deux consoles possédant chacune leur propre sonde 2D et étant tous les deux connectés au moteur avant, la surface cumulée de ces deux sondes nous permet avec Eric d’être encore plus réactifs et surtout d’une précision presque chirurgicale dans notre approche, pourtant nous sommes ici au pays du backtrolling.

Les conditions de luminosité et de vent sont assez similaires à la veille, l’activité ne semble toujours pas correctement démarrer et il faut aller vraiment chercher les poissons sans trop les brusquer. Je place le bateau à proximité du waypoint de la veille qui nous avait montré quelques beaux échos bien épais et mon finess ne tarde pas à se faire punir violemment…

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L’après midi devient vraiment complexe, même au sondeur nous ne trouvons plus ce qui pourrait faire graviter quelques poissons autour d’un point d’activité… Nous décidons donc de bouger régulièrement pour parcourir beaucoup de terrain. Sur une dérive, j’aperçois un écho suspendu mais pas très épais, je remonte lentement mon leurre, l’écho semble suivre… Je prends une baigne violente caractéristique du brochet et je le décroche dans la foulée. Je peste à bord car je sais que sur ce type d’écho le poisson peut faire 70 comme 120 cm en fonction de son centrage dans la sonde, l’information reste partielle. A peine j’ai le temps de rager à bord que le brochet revient sur le finess’ et ce coup ci c’est bien « dedans », le combat laisse rapidement paraître que le brochet est de taille sympathique mais pas métré. Voici donc un poisson de plus dans ma liste de 90+… je ne sais pas vraiment pourquoi, depuis quelques années, je prends beaucoup plus de poissons dans la tranche 90/100cm que dans la tranche 80/90cm, allez savoir…

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La journée se termine ainsi, Eric est plutôt passé au travers (ce qui arrive même aux meilleurs) et j’ai pu m’en sortir avec deux poissons corrects pris un peu au petit bonheur la chance finalement.

 

 

Jour 3: Innover ou fignoler ?

Il est 5h15, le réveil sonne le début de ce troisième et dernier jour de pêche de la saison carnassière 2015/2016. J’engouffre mon petit déjeuner devant la carte en me demandant s’il ne serait pas judicieux d’innover et de changer carrément de lac pour casser la monotonie de ces pêches hivernales par un paysage plus diversifié. Eric me fait confiance une fois de plus et suis le pas. Contrairement au premier jour, les résultats des autres pêcheurs sur les bordures l’ont conforté dans l’idée que nous sommes encore sur le bon crédo du moment et qu’il faut s’y tenir.

L’activité est toute autre que les précédents jours, le vent est presque tombé et les sandres sont déchaînés, nous en enchaînons rapidement une dizaine de taille moyenne. Puis sur une énième touche, Eric hésite au ferrage à m’indiquer de prendre l’épuisette quand le frein de son moulinet casting se met à grogner… Je comprends alors que c’est métré et qu’il va falloir assurer à l’épuisetage. Eric pose ainsi le premier métré de la session à bord avec toute la sérénité et l’expérience qui le caractérisent. Le poisson a coffré il y a plusieurs semaines un petit leurre monté sur un bas de ligne de 20/100 et a un gros abcès dans l’estomac… Il nous est impossible de lui venir en aide et voilà sûrement un poisson de plus condamné à une mort lente malheureusement…

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Nous trouvons par la suite un coin où les lignes bathymétriques semblent plus serrées qu’ailleurs, ce qui atteste d’une déclivité accrue. J’ancre le bateau en plein milieu d’un banc de fourrage de taille moyenne, puis je me laisse sortir du banc tout doucement. Eric voit ainsi au sondeur l’écho des blancs disparaître puis apparaître une banane… Le voilà maintenant attelé et nous comprenons très vite qu’il tient là son doublé de métrés… Le combat est bien plus puissant que le brochet précédent ce qui nous laisse penser qu’il est plus grand. Et ce fut le cas, voici donc deux jolis mâles de 110+ bien en forme avec 5 cm d’écart l’un de l’autre. Nous continuons de pêcher, je me retourne de temps à autres pour jeter un œil sur Eric qui est assis au fond de son siège, un sourire figé sur son visage… il a tout les signes d’un mec totalement refait.

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Eric me parlait la veille d’effacer la frustration de certains jours par la prise de beaux poissons, le voilà qui donne des actes aux paroles, je ne peux que plussoyer ses dires et me féliciter de la réussite d’un ami. La journée semble propice à l’activité des brochets et nous décidons tous les deux de passer sur du leurre XL… Je repère rapidement trois échos de jolis sandres les uns sur les autres puis ils disparaissent dans la foulée… Je garde mon calme, insiste aux alentours de cette zone puis la sanction tombe sur moi violemment, je comprends assez vite avec les coups de têtes que je n’ai pas un brochet au bout de la ligne, voilà donc un super dernier poisson pour conclure cette dernière virée hollandaise de la saison.

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Il nous reste quelques heures de pêche après cette super matinée, nous nous amusons avec des petits poissons puis il est temps de rentrer et de prendre la route, bien fatigués, sentant le mucus et l’attractant… mais heureux d’avoir passé un moment simple d’amitié.

(Petite pensée pour mon pote Greg qui n’a pas pu venir pêcher avec nous ces quelques jours et encore un grand merci à Nico le flamand pour son immense sympathie et sa simplicité ).

So many fish, so little time…

Joss