Toldeo Bend on Ice

La semaine a été perturbée par une météo très capricieuse. Oubliés les vingt cinq degrés de la semaine passée. Oubliées également la pêche en tee shirt et la crème solaire. Place à un énième front froid, mais cette fois-ci accompagné de neige et de glace !

Au point d’annuler la journée d’école du vendredi et de condamner chacun à rester chez soi. Le week-end s’annonçait donc très difficile, d’autant plus que ce dimanche avait lieu la première compétition de club de l’année. Direction Toledo Bend donc et sa route verglacée. Pas simple de contrôler les « tail slides » de la remorque !

Team Sakura USA

Nous nous sommes retrouvés à une grosse trentaine, sur une eau comprise entre 8 et 10°C en fonction des différentes zones et de l’exposition au vent. Mon pré-fishing du samedi, m’avait bien conforté dans le fait que les poissons étaient concentrés dans les eaux profondes, proches du « main channel », là où ils doivent être à cette saison. Les locaux pêchaient des spots semblables aux miens, entre sept et douze mètres de fond. Très peu de touches correctes, mais un gars avec qui j’ai discuté longuement m’a montré une photo d’un poisson qu’il avait capturé la veille sur la zone. Une touche,  un poisson, et onze livres sept devant l’objectif. Un monstre. Visiblement c’est souvent le cas ici en janvier, surtout après un épisode météorologique comme celui-là.  Peu de touches, mais l’occasion de faire un géant.

Slit Shad Sakura

Lors de cette compétition, j’ai donc alterné trois choses sur cette zone profonde. J’ai commencé par utiliser un SLIT SHAD 125 monté sur un jig football en vingt et un grammes, (Canne casting FURIOZZA 7’4 H). Cela me permettait soit de battre du terrain en cranking très lent, ou de « shaker » mon leurre sur place. Lorsqu’au sondeur je voyais de gros bancs de fourrage, je pêchais de manière plus verticale en utilisant une jigging spoon (Canne casting FURIOZZA 7’4 H). Enfin le long des « stumps », j’ai pêché en drop shot avec ma FURIOZZA SPINNING 6’8 ML. Les composants de mon montage étaient un plomb long SAKURA en dix grammes, un hameçon GAMAKATSU avec un guard, puis un SHAD SHAPE GARY YAMAMOTO.

Shad Shape Yamamoto

J’ai rapidement touché quelques petits poissons à la jigging spoon et en drop shot, mais aucun keeper. Les trois bateaux autour de moi n’étaient pas plus productifs. Après plus de deux heures sur cette large zone, je me suis rapproché des stumps. Je laissais couler mon drop shot le plus près possible des arbres qui abritaient du « bait fish ». Après cinq minutes, « un poids » a déplacé ma ligne. Suite à une accélération au moulinet et une très grosse compression de ma canne, un beau bass d’environ quatre livres, fend la surface dans un saut très caractéristique. Je tracte ce poisson anesthésié par le froid et l’absence de décompression, jusqu’aux lèvres de mon épuisette, mais dans un dernier rush sorti de nulle part, le poisson se décroche. Atroce !

petit bassde Toledo Bend pris au LS Gary Yamamoto

Je reprends mes esprits et mon sondeur m’indique une quantité de fourrage astronomique. Je troque mon drop pour une jigging spoon afin d’éclater ces bancs de poissons et de faire réagir les bass. Cinq minutes après, alors que la proximité des stumps me demande la plus grande des précisions, une grosse aspiration me fait déclencher un ferrage réflexe. Le poisson est lourd et se déplace en diagonale vers les arbres. Je le bride un maximum et éloigne mon bateau au moteur électrique.

Le poisson monte. Je l’aperçois et constate que la cuillère est au bord de sa mâchoire. Il est vraiment gros, six ou sept livres pas simple à dire. Une chose est certaine, c’est qu’il va faire du bien dans le vivier celui-là. Mais cette projection fût de courte durée car le poisson s’est accroché dans une branche à deux mètres sous la surface. Juste pour que je puisse le voir sans pouvoir l’atteindre ! Après plusieurs secondes à tout tenter, ce bass s’en est allé lentement et majestueusement vers les profondeurs, et ma cuillère est restée dans l’arbre. Amusés par cet étrange théâtre, les bateaux à proximité me témoignent une légère compassion : « That F….. hurts, man » ! Triste !!!

Après cinq heures sur le spot, les locaux n’ayant pas fait mieux que moi, j’ai profité d’une belle éclaircie, pour essayer d’aller pêcher shallow, c’est à dire dans deux mètres d’eau.
Le sondeur annonce une eau à 8,5°C. Pas très engageant. Il y a encore beaucoup d’herbe. Certains « patchs » sont marrons, et d’autres bien verts, comme s’ils commençaient à repousser. Il me reste une heure de pêche, si je prends en compte les quarante minutes de run à plein régime pour regagner la pesée.

J’alterne donc KUTTER VIB 200 (ghost craw) et FAT IKA (black) GARY YAMAMOTO en heavy Texas en punching. Etrangement je rentre rapidement quelques petits poissons en effectuant une sorte de slow rolling de mon vibration. A chaque fois les touches se produisent autour de ces herbiers verts. En punchant ceux ci, la taille des poissons augmente et se rapproche des quatorze inches requis. A quinze minutes de la fin je drope un poisson de trois livres. Celui-là est bel et bien dans le vivier. Réaction trop tardive, je dois prendre la route de la pesée.

DSC9811

Je termine neuvième et seuls dix bateaux ont pesé du poisson. Pas de gros quotas, dix, onze livres maximum, jusqu’à la pesée des deux derniers sacs… Seize livres dix (cinq poissons) et vingt livres treize en quatre poissons. Assommant !
Et devinez quoi ? Ils se sont étonnés eux mêmes en faisant leurs poissons les deux dernières heures, dans un mètre d’eau avec un « rattle trap » (désignation Américaine du vibration) rouge.

Qu’est ce que vous voulez, « il n’y a plus de saison mon pauv’ Monsieur » !

JC