Franck et les hollandaises…

Franck et les hollandaises…
Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas… ce début d’année 2017 fut assez rocambolesque en terme de conditions météo… si la vague de froid ne nous a laissé que très peu d’occasions pour mettre nos bateaux à l’eau, les tempêtes qui ont suivit ont rendu la pêche presque impossible voir aléatoire.

Je l’avais déjà précisé dans un précédent article, mais pêcher en pays batave ne se planifie pas longuement à l’avance ou alors on risque de grosses déconvenues une fois sur place. Nous fumes donc nombreux en ce début d’année à venir nous casser les dents sur des eaux carrément gelées, dans un brouillard à couper au couteau interdisant la navigation ou encore dans des conditions venteuses plus que dangereuses et rendant la pêche très compliquée voir presque aux frontières de l’impossible par certains moments.

The true life ?

Mais nous sommes toutefois parvenus à tirer notre épingle du jeu avant le tombé de rideau. J’avais promis à Franck, au jugé de sa motivation et de son intérêt, de lui faire découvrir une partie de ses eaux et j’ai réussi à tenir ma promesse dans le « money time » de cette saison 2016/2017.

Franck est hydrobiologiste de métier, je l’ai rencontré dans le cadre de l’organisation d’un trip sur le Rio Trombetas. Un personnage très intéressant et attachant bien loin du strass et des paillettes. Je connais déjà un peu la façon de pêcher de Franck, il recherche avant tout l’efficacité. Une donne qui fait que nous ne sommes pas toujours en phase sur l’approche et la technique, mais avoir son avis d’expert et ses remarques sur le potentiel des eaux hollandaises m’intéressait au plus haut point.

Doublé de Peacocks avec Franck

Il n’est jamais évident de suivre l’évolution de la pêche à distance et j’avais prévenu Franck que je n’étais pas du style à envoyer X messages pour glaner des infos mais plutôt de trouver la pêche par nous même, c’est quand même bien plus épanouissant et jouissif quand on arrive à s’en sortir de la sorte et c’est pour moi tout ce qui caractérise la base de ma passion pour la pêche au leurre : la recherche du schéma de pêche du moment.

Les dernières sorties ont confirmé que l’eau se réchauffait à vitesse élevée et que les poissons se rapprochaient de plus en plus du bord… la nature semble bel et bien avoir deux bonnes semaines d’avance cette année et le cycle de reproduction des poissons s’est mis en phase avec cette nouvelle donne.

Dans l’optique de laisser les poissons se reproduire tranquillement, la législation interdit de pêcher le brochet à partir du 1er mars et c’est donc naturellement que nous ciblerons les percidés uniquement.

Les poissons semblent toujours postés en nombre sur les plateaux, nous retrouvons du coup les joies de la pêche en linéaire… joie que nous perdons chaque année dès le mois de novembre quand les températures commencent à dégringoler. J’affectionne la pêche en verticale qui est une technique avec énormément de subtilités, mais pêcher le carnassier plus de 4 mois sans avoir à lancer un leurre reste pour moi une épreuve assez frustrante. Comme si le fait de lancer et de ramener compensait la frustration que nous ne puissions pêcher que quelques jours par an…

Ce matin là, rapidement nous trouvons du poisson en nombre sur les cassures et les premières captures ne tardent pas à monter au bateau… Ceux qui me connaisse savent que j’ai appris beaucoup sur le comportement des percidés avec des cranks. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que je fête ma première zébrée leurrée sur un nouveau colori de SCB Crank à paraitre prochainement.

Perche au SCB Crank 200F

Les poissons sont assez étalés et il faut insister sur des zones que l’on pense propices pour en rencontrer un maximum. Franck pêche plus grand et plus gros que moi et pourtant prend tout autant de poissons… Il n’y a pas vraiment de pattern qui se dégage, il faut juste tomber sur les poissons à la bonne vitesse, preuve que l’activité carnassière est plus que correcte. Quand les poissons se nourrissent, inutile de pêcher de façon compliquée et pointilleuse, un pêcheur de niveau moyen sortirait tout autant son épingle du jeu que nous ce jour là. La simplicité est une des règles de base que j’essaye de ne jamais occulter, la pêche au crank est d’ailleurs un hymne à la simplicité et reste une très bonne école.

Un joli Sandre en linéaire, toujours un régal

 

L’hydrobiologiste est assez surpris par la taille moyenne des poissons que nous prenons… Il n’y a pas de secret, ici l’impact de l’homme est moindre qu’en France et les poissons ont davantage de temps pour vieillir, même si ils bénéficient d’une croissance rapide. Les postes clés sont occupés hiérarchiquement ce qui fait que les endroits où nous pêchons sont fournis en poissons adultes. Franck commence sérieusement à se faire plaisir, nous avons un peu la tête qui tourne…

 

Franck et une énième hollandaise

 

J’essaye de faire au mieux pour que nous prenions tous les deux du poisson en alternant un pêcheur sur le plateau et un pêcheur sur la cassure, les poissons nous font des touches franches et les combats sont carrément sympa. Je ne boude pas mon plaisir et continue d’essayer des nouveaux coloris qui seront susceptibles de paraitre dans les mois à venir. L’hameçon ventral rotatif du SCB semble jouer parfaitement son rôle car, en dépit de leurs nombreux coups de tête, je ne décrocherai aucun poisson au crank sur cette session. Une caractéristique à confirmer dans les mois à venir.

 

SCB Crank 200F – En plein test des futurs potentiels coloris

 

J’en profite également pour faire tester les copains qui ont la gentillesse de se prendre au jeu… Voici encore un poisson largement au dessus de 45cm sur un SCB 400F, ce crank devient de plus en plus une valeur sûre au fur et à mesure que je l’utilise.

 

Encore du lourd sur le SCB Crank 400F en pleine phase de test

Nous pêchons également plus au moins lentement au shad en linéaire car celà nous permet de cibler également quelques jolis spécimens de sandre. Les touches sont à chaque fois franches et les leurres correctement coffrés. Vu le nombre de prises, je n’hésite pas à retirer les triples sur empile. Franck a connu tout comme moi les pêches fabuleuses en Amazonie, le défi dans ce genre de moment euphorique, c’est d’arriver à replacer le curseur tout en gardant à l’esprit que la qualité des poissons que nous prenons reste exceptionnelle.

 

« ça maille tu crois ? bah… ouai »

 

Voilà voilà… difficile de dire que c’était difficile, c’était juste l’orgie… Les prises se sont tout simplement enchaînées comme dans un rêve et il me semble peu intéressant de publier ici tous les poissons que nous avons eu la chance de capturer. Paradoxalement, je n’aime pas trop cette configuration de pêche « facile » car on perd vite la tête et on a ensuite bien du mal à embrayer… il y a tellement d’autres sessions dans l’année qui sont bien plus compliquées et pauvres en captures…

 

Un soleil qui réchauffe et une frappe venue des profondeurs, le bonheur…

 

Tous nos poissons ne passeront que quelques secondes à bord avant d’être remis en liberté. Je vais encore radoter mais l’éthique me pousse une nouvelle fois à dire, que je trouve cela regrettable que certains qui se disent porteur des valeurs du catch and release et qui pourtant n’hésitent pas à mettre pendant des heures, des poissons d’un certain âge respectable au vivier alors qu’ils sont en pêche loisir… La réglementation locale est assez complexe et change d’un plan d’eau à l’autre, maintenir captif des poissons vivants peut ici coûter cher, très cher… Placer au vivier un brochet qui est ici une espèce protégée peut relever de la démence ou peut être de la simple provocation ? De nombreuses compétitions locales n’autorisent d’ailleurs pas la possibilité de maintenir des poissons vivants captifs. Quand on regarde un minimum derrière soit et qu’on voit ce que sont devenus des biotopes comme le lac léman gérés par des pays voisins, on peut sérieusement se poser des questions sur le futur de la pêche en hollande pour les étrangers…

 

Un joli dernier poisson avant le retour… Session réussie pour Franck

Je termine donc cette session, content d’avoir pu satisfaire la soif de découverte de mon pote Franck. La prochaine fois que nous nous verrons, ce sera une nouvelle fois avec des cannes dans un sac et au pied d’un avion pour découvrir de nouvelles espèces… j’ai hâte !

 

Il est désormais temps de laisser ces vieux poissons tranquillement se reproduire

 

Une partie du matériel, largement axé sur la pêche en linéaire des percidés, que nous avons utilisé avec succès au cours de cette session :

 

 

N’hésitez pas à me contacter sur Facebook si vous voulez encore plus d’infos ou tout simplement pour parler pêche ! 😉

So many fish, so little time…

Joss’