Bien préparer l’ouverture de la Truite aux leurres

Il y a quelques années, le pêcheur de truites polyvalent désireux d’optimiser sa saison ne choisissait la pêche aux leurres qu’à partir du mois de mai, c’est-à-dire après la fonte des neiges, ou plus généralement, en présence d’une température d’eau dépassant les 10°C  (moment coïncidant avec le pic d’agressivité saisonnier des farios).

Belle truite fario maîtrisée grâce à une canne Sakura Furiozza
Aujourd’hui, l’engouement que suscite cette technique conduit de nombreux pratiquants, en particulier les plus jeunes issus de la génération « street-fishing », à se mettre à la truite et dégainer poissons nageurs et leurres souples dès l’ouverture, parfois sans tenir compte du comportement particulier des poissons à cette saison.  A ce moment de l’année, les eaux sont encore froides et les truites souvent cachées et peu agressives. En somme, des conditions qui donnent  la suprématie au naturel (toc et vairon manié). Pourtant,  de nombreux pratiquants, non obnubilés par une indécrottable recherche d’efficacité, souhaitent se faire plaisir à l’artificiel dès le deuxième samedi de mars. Voici quelques situations à privilégier pour y parvenir et bien préparer l’ouverture de la Truite aux leurres :

  • La pêche des rivières de plaine précoces : certaines rivières présentent une température d’eau favorable dès le mois de mars (pour une truite sauvage, cela signifie 10°C environ à cette époque). Souvent situées en plaine ou en moyenne montagne, sur des bassins versants bien exposés, elles peuvent être rapidement porteuses dès l’apparition d’un soleil printanier. C’est souvent dans ce type de biotope que les premières truites sauvages de l’année succombent aux vibrations d’un poisson nageur bien présenté !

En petite rivière ou ruisseau une Trinis Neo 6' ou 6'3 sera parfaite

  • La pêche des parcours No-Kill : Les parcours No-Kill se multiplient depuis quelques années et permettent d’obtenir une qualité de pêche décuplée  (si l’on considère bien sûr que la qualité de pêche est directement corrélée à la taille moyenne des truites capturées) qu’une réglementation classique, aussi restrictive soit-elle, ne saurait produire. Sur ces parcours, les poissons conservent une appétence importante (surtout en début de saison) et de fait, peuvent être un bon moyen de débuter aux leurres. Attention, certains d’entre eux sont réservés à la mouche artificielle. Là où les autres techniques sont autorisées, la réglementation prévoit l’utilisation d’hameçons simples sans ardillons, prenez donc vos précautions !
  • La pêche en grands cours d’eau : Les grands cours d’eau de 1ere catégorie, lorsqu’ils présentent des niveaux corrects, sont un lieu agréable pour débuter la saison aux leurres, car ils offrent la perspective de capture de gros spécimens. La stratégie consiste à rechercher les portions lentes et homogènes, où les autres techniques peinent à tirer le meilleur parti. La capacité de ratissage de la pêche aux leurres devient un atout majeur quand il s’agit de peigner les zones molles appréciées par les farios paresseuses du mois de mars.

  • La pêche des truites de pisciculture: les truites « portions » lâchées pour l’occasion sont souvent dédaignées par le puriste. Elles sont en réalité d’excellents adversaires pour débuter la saison aux leurres, pour ceux qui parviennent à faire abstraction de leur origine (ou n’y attachent pas trop d’importance). Introduites sur des secteurs prédéfinis, elles diffèrent des poissons sauvages par un comportement singulier, car elles conservent une agressivité décuplée et un rythme alimentaire soutenu dans des conditions de température et de débit qui anéantiraient toute velléité chez une truite de souche. Leur traque aux leurres est ludique, et plutôt que de les considérer comme des poissons de cirque, mieux vaut profiter de leur (brève) présence, dont les répercussions écologiques sur les populations salmonicoles en place sont quasiment nulles (n’en déplaise à ceux qui les accusent de tous les maux), et voir en elles un bon moyen de débuter la saison sans prise de tête !

Quels leurres ?

Au niveau du des leurres, plusieurs impératifs conditionnent leur choix : ils doivent passer lentement, au ras du fond, en suivant au maximum les veines de courant. Ceci se traduit en termes de caractéristiques mécaniques par une densité importante et une bonne capacité à vibrer avec des animations minimalistes.

Dans l’eau froide, la truite est peu encline à se déplacer et lorsqu’elle daigne le faire, c’est assez mollement et sur de courtes distances. On a donc intérêt à suivre au maximum les veines de courant sans trop les couper, en effectuant des soubresauts infimes ponctués de pauses (pour venir cueillir un leurre, une truite dépense beaucoup plus d’énergie à traverser plusieurs veines qu’à descendre l’une d’entre elle dans le sens du courant). La prospection rapide au jerk, en coupant perpendiculairement les veines, est un anachronisme en mars !

Lorsque le couple vitesse/profondeur n’est pas très important, les poissons nageurs suspending proposés par SAKURA tels que le Minchub 55 SP et le Ciscus 65 SP sont bien indiqués. Si de gros poissons hantent votre parcours, les tailles supérieures peuvent convenir.

Minchub 3D pour fond Blc

Minchub 55 SP -Sakura

CISCUS 75 LR04

Ciscus 65 SP – Sakura

Dès que la masse d’eau augmente, un PN coulant est plus à même de vibrer au ras du fond : pour l’occasion, le Phoxy Minnow 50 S HW, nouveauté 2015 très attendue, est tout indiqué. Ce PN dense et silencieux devrait faire parler de lui cette année ! Si les eaux sont claires, préférez les couleurs naturelles real life pour les truites sauvages.

Phoxy Minnow HW-RL07

Phoxy Minnow 50 S HW – Sakura

Pour pêcher creux au ras du fond, les shads sont également de bons leurres : N’ayant pas une très grande expérience en matière de pêches de la truite au souple, nous aurons l’occasion d’approfondir le sujet ensemble tout au long de la saison. Sur le papier, il sera bon de tester le Slit Shad 50 mm pour les pêches en dérives avals.

SLIT Shad 046-2

Sakura Slit Shad 2 » (50 mm)

Pour les pêches ¾ amont, l’appui du courant est moindre et implique l’utilisation d’un shad à queue fine facilement mobilisable en dérive inerte : le Divinatör S en 6 cm, de chez BIWAA,  devrait exceller dans cet exercice. A suivre !

DIVINATOR S - 18 roach

Biwaa Divinatör S 2,5 » (60 mm)


Quels combos pour les lancer ?

Dans ces pêches précises et lentes, le contrôle de la dérive est essentiel pour présenter le leurre de façon optimale. Une certaine longueur de canne est nécessaire, c’est-à-dire plus de 6’ pour les rivières moyennes et 7’ en grands cours d’eau. L’heure n’étant pas encore aux leurres miniatures, les puissances L, ML et M sont les plus indiquées. Ainsi, les modèles monobrins Shinjin Neo 7’ (ML et M), Trinis Neo 6’3 M et Furiozza 7’ (ML et M) ou 2 brins Shinjin Neo (6’6 ML et 7’ L), Trinis Neo (6’3 ML, 7’ ML, 6’3 M et 7’ M), selon votre budget, sont parfaits pour débuter la saison. Si la plupart des références en puissance L et ML sont polyvalentes, d’autres se révèlent plus spécifiques, en particulier la Furiozza FRS 7’ M, dont j’ai pu apprécier les qualités face aux grosses truites en fin de saison dernière !

Pour équilibrer ces cannes longues, un moulinet entre 200 et 250 gr est nécessaire : le Ryobi Slam en taille 1000 (dont le diamètre de bobine est suffisant) et la nouvelle version du Siryx de Sakura en taille 2000 possèdent toutes les qualités requises.

Au niveau de la ligne, la nécessité de pêcher creux implique une certaine finesse (pour limiter la prise au courant de surface) : dès que le parcours possède de gros poissons, j’utilise la tresse fine Sensibraid en 0,06 mm, couplée à un long bas de ligne de 2 m en fluorocarbone type Impact Shock Leader (par soucis de discrétion et pour sa résistance à l’abrasion) entre à 0,16 et 0,25 mm selon la taille des poissons convoités. En petits cours d’eau, un nylon de 0,14 ou 0,16 mm suffit.

truite fario sur matériel Sakura

Bonne préparation !
Simon SCODAVOLPE