Atchafalaya…. A vos souhaits!

En ce début d’hiver, je me suis concentré sur la découverte de l’Atchafalaya Bassin.

jean christophe david team sakura atchafalaya bassin

Excité, mais un peu inquiet à l’idée de découvrir l’immensité de ce haut lieu du bass fishing, j’ai donc passé beaucoup de temps à étudier Google Earth et les différentes cartes de la zone. « The Bassin » comme l’appellent les locaux a une superficie d’environ six mille kilomètres carrés. Pas simple de trouver son chemin dans ce labyrinthe de rivières, canaux, lacs, marais et bayous.

Bob bayou black marinaLa plupart du temps, les compétitions sont lancées depuis Morgan City, une ville au sud de Bâton Rouge la capitale Louisianaise. La surface a pêcher est déjà énorme si l’on ne se concentre que sur l’Atachafalaya Bassin, mais lorsque prennent place des compétitions de grosse envergure, il n’y a pas de limite imposée. Imaginez donc, il est ainsi possible de naviguer trois cent kilomètres vers l’est, quatre cent cinquante vers l’ouest, et trois cent vers le nord. Pas facile de trouver les poissons dans un espace infini et soumis à l’influence des marées, dû à la proximité avec le Golfe du Mexique.
La première manche du Bassmaster Central Open devait y avoir lieu fin Février, mais le climat en a décidé autrement.

Durant dix jours le nord et le centre des Etats Unis ont subi les conséquences d’une entrée dans l’hiver particulièrement douce. Des trombes d’eau se sont abattues sur ces régions. Les rivières et les lacs ont débordés inondant les villes et causant de gros dégâts.
Tout ceci a été drainé vers le sud et le Golfe via le Mississippi et ses affluents. En Louisiane, le Mississippi est monté de presque cinq mètres avant que les autorités ne décident d’agir.

Au dessus de Morgan City la partie haute de l’Atchafalaya Bassin, se trouve la petite ville de Morganza. Celle ci est le point de rencontre de la Red River, de l’Atchafalaya River et du Mississippi. A cet endroit a été construit un barrage, ou plutôt un gigantesque mur d’écluses. Pour éviter l’inondation de Bâton Rouge et de la Nouvelle Orléans, les portes des écluses ont été ouvertes, déversant des millions de mètres cubes d’eau et de boue dans le Bassin. La compétition est donc reportée à fin Octobre, car pour des soucis de sécurité en navigation, la direction de BASS n’a voulu prendre aucun risque.

jean christophe david team sakura morning startJusqu’ici j’avais découvert de belles choses et certains spots étaient très prometteurs. J’ai notamment en tête une journée de repérage durant laquelle j’ai navigué plus de cent soixante kilomètres et pêché huit spots différents. Beaucoup se sont révélés peu productifs, mais l’avant dernier fut très fructueux avec une série de cinquante lancers pour plus de trente poissons. J’avais presque l’impression de pêcher des maquereaux en rade de Lorient. Même si la compétition est encore lointaine, je continue à sillonner cette magnifique contrée à la faune et à la flore si singulière.
Hiboux grand-duc, aigles, cardinaux, red wings, alligators, loutres, pélicans, hérons, évoluent sur un territoire jonchés de cyprès qui laissent dégouliner la mousse Espagnole qui les recouvre jusqu’aux abords de la surface. Impossible de rester insensible face à tant de beauté.

L’idée d’un practice est de restreindre les zones tout en se mettant à la place du poisson en essayant de se projeter et d’analyser son comportement au moment de la compétition. Ici une trentaine de poissons sur la zone me donne une indication que le poste est bon. Si j’en ai capturé trente, c’est qu’il y en a bien plus. La où ils se trouvent, ils ne vont pas s’échapper, mais je devrai les localiser à nouveau car dans quelques mois leur comportement aura changé.

Les rivières et les lacs ont tous été affectés par cette monté des eaux. Eaux froides, boueuses, hautes, un cocktail que nous essayons tous de ne pas goûter, car bien souvent le bilan est catastrophique.
Même si on ne peut rien garantir, ce que je vais évoquer m’a permis de bien m’en sortir dernièrement.

muddy water sakura

ranger boat in muddy and cold water team sakura jean christophe davidDans un tel contexte il faut essayer de trouver l’eau la moins froide et la moins sale possible, mais il est évident qu’on ne pêche pas d’entrée avec l’idée de générer beaucoup de touches.
Le premier point de réflexion doit être le poste. Nous sommes ici en hiver en Louisiane, la fraie n’est pas si loin. Du coup je vais me concentrer soit sur les zones que l’on appelle « staging areas », là où les bass se postent avant de rejoindre les zones peu profondes pour la fraie, ou alors si je pêche en rivière, les berges bien définies ainsi que le fond des canaux si la rivière en possède.
Lorsque l’eau est sale les poissons ont besoin de s’orienter à l’aide de repères tels que les structures métalliques, le bois, les rochers… Ils se déplacent dans la colonne d’eau en fonction de la température et de la clarté. Se servir de votre sondeur est donc forcément un atout considérable.

L’action de pêche est lente et répétitive. Il faut parfois plusieurs lancers sur la cible avant de déclencher une attaque. Mon outil de recherche par excellence dans ce genre de cas est un spinnerbait double gold colorado avec une jupe blanche et chartreuse. Parfois je lui ajoute un petit swimbait blanc en trailer. En effet, celui-ci me permet une prospection régulière en envoyant un maximum de vibrations et de contraste dans une eau où les poissons ont une perception approximative.jean christophe david team sakura avec un bass pris sur un monarc blanc chartreusePour plus de confort j’emploie une canne en fibre assez puissante, FURIOZZA 7’2MH GLASS avec un spinnerbait MONARC en 1/2oz – 14g ou 5/8oz – 17,7g, et un fluorocarbone en dix sept ou vingt livres. A cette époque de l’année la rencontre avec un gros poisson est plus que probable, autant s’y préparer. Un ratio de 5.4 à 6.3 sera parfaitement adapté.
Pour les parties vraiment shallow je change de spinnerbait et j’emploie un MONARC en 3/8. Je change les palettes willow pour des colorado. Tres utilisée ici dans le sud l’adjonction d’une palette « kicker » orange, apporte un signal visuel fort venant contrebalancer la légère perte de vibrations. En effet, on ne peut associer de grosses palettes a un spinnerbait en 3/8oz si l’on souhaite conserver son équilibre.

sakura monarc avec colorado orange

jean christophe david team sakura avec un bass pris sur un monarc custom double colorado blanc chartreuseSi j’enregistre une touche, je ralentis et change de canne, pour pêcher en Texas Rig et méticuleusement peigner les structures qui se trouvent à proximité.
Là encore je veux de la vibration, et j’utilise donc un leurre souple assez volumineux qui comporte beaucoup d’appendices vibratoires, avec une couleur sombre du genre dark green pumpkin ou black and blue sur les Flappin’ Hog GARY YAMAMOTO. L’animation est lente, je leste mon leurre avec ¼ oz ou 3/8 oz. Ma ligne est un fluorocarbone de vingt à vingt cinq livres que je bobine sur un moulinet de ratio 7.3. Concernant la canne, le Texas rig demandant de la précision, j’utilise une canne 7’4 Heavy d’action fast afin d’atteindre les postes sans forcer, la PLAYERS PLC 742 H.
Les touches étant souvent lentes, presque imperceptibles il faut absolument rester concentré et faire en sorte que chaque lancer compte vraiment.
Ces conditions ne sont jamais engageantes, mais avec un peu de réflexion et la bonne attitude, tout est envisageable. Une seule chose comme ils disent ici : « slow down ! ».

jean christophe david team sakura avec un bass pris sur un monarc custom double colorado blanc chartreuse 2

Keep the fun up !

JC